L’UEVE et ses personnels doivent refuser d’appliquer la loi immigration !

Dénoncée par l’ensemble des organisations syndicales et étudiantes, les ONG, les associations de défense des droits des étranger·es ainsi que la Défenseure de droits, la Loi Immigration de G. Darmanin a été adoptée le 19 décembre par les parlementaires de la majorité présidentielle, LR et le RN, main dans la main.

Cette loi xénophobe vise à instaurer une multitude de dispositions législatives contre les immigré·es. Dans notre secteur, cette loi ferme les portes de l’université et des organismes de recherche en introduisant des régressions intolérables pour les droits des étanger·es et notamment pour les étudiant·es, mais aussi pour les salarié·es de nos établissements. Elle renforcera la précarité des personnes étrangères vivant en France.

Pour les étudiant·es étranger·es, cette loi durcira les conditions d’accès à l’enseignement supérieur et la recherche avec notamment :

  • le dépôt d’une caution de retour obligatoire pour pouvoir étudier,
  • l’inscription dans le code de l’éducation de frais de scolarité différenciés 16 fois plus élevés pour les étudiant·es et doctorant·es étranger·es hors UE,
  • le contrôle accru et la possibilité de retrait de la carte de séjour portant la mention « étudiant »,
  • le contrôle renforcé des visas long séjour,
  • la mise en place de quotas d’étudiant·es étranger·es.

Cette loi est une rupture majeure pour notre pays. Les universités et les organismes de recherche doivent rester des lieux d’accueil et d’émancipation pour toutes et tous, sans conditions de nationalité ou préférence nationale.

Pour nos organisations, il n’est pas possible de voir ces dispositions appliquées aux étudiant·es et personnels étranger·es, comme il n’est pas possible que l’ensemble de cette loi, qui reprend les thèses et les revendications historiques de l’extrême droite comme la préférence nationale, soit mise en œuvre.

Nos organisations syndicales appellent :

  • La présidance de l’UEVE à refuser d’appliquer cette loi, et en particulier la mise en place des cautions de retour et des frais de scolarité différenciés ;
  • Les responsables de filières et services de scolarité à refuser de participer à la mise en place des quotas d’étudiant·es étranger·es. ;
  • Les enseignant·es à refuser de mettre en œuvre tout type de contrôle accru des étudiant·es étranger·es. Les même règles doivent s’appliquer à tou·tes les étudiant·es ;
  • Tous les personnels et étudiant·es à participer aux mobilisations à venir contre la loi immigration, notamment aux mobilsations prévues à Paris : Manifestations dimanche 14 et 21 janvier (Pour le 14/01 : Départ 15h Place de la République)

19 janvier 2024 – Résister pour l’égalité des droits, contre le racisme, pour la solidarité entre les peuples

Après la mort de Nahel au début de l’été, les quartiers populaires, embrasés face à la violence policière, à la relégation, aux discriminations racistes ont été brutalement réprimés.

Répression cohérente avec la présidence Macron et ses projets antisociaux : sape des droits avec les «lois travail» successives, démantèlement des services publics, rétrécissement du RSA, contre-réforme du chômage, des retraites et de l’éducation, renforcement des contrôles de la CAF. Et pour faire passer la pilule de cette casse sociale et démocratique, quoi de mieux qu’un bouc émissaire, l’immigré·e, le sans-papier.

Pourtant, ce sont plus de 400 000 sans-papiers qui travaillent aujourd’hui en France dans les secteurs où les conditions de travail sont tellement insupportables qu’ils sont les seuls à les accepter : Le BTP, le tri de colis à La Poste ou dans la logistique, le nettoyage des lieux publics, etc.

C’est la toute l’hypocrisie de l’état et du patronat. Ils organisent l’exploitation
des travailleur•euses sans-papiers dont ils ont besoin dans ces secteurs professionnels, mais ils leur retirent, loi rétrograde apres loi rétrograde, leurs rares droits sociaux.

Plus de vingt lois sur l’immigration s’étaient pourtant déjà succédé en trente ans, chaque nouveau texte entraînant un recul des droits des personnes exilées. Mais ça ne suffisait pas et aujourd’hui, ce président élu pour faire barrage à l’extrême droite (il a reçu les voix de 20 % des inscrits au 1er tour de la présidentielle), inscrit dans la loi le programme du FN de Jean-Marie Le Pen et permet à Marine Le Pen de revendiquer une « victoire idéologique » !

L’abjecte loi immigration de Macron-Darmanin bafoue les droits les plus fondamentaux : fin du droit du sol, restriction du regroupement familial, quotas sur l’immigration, délit de séjour irrégulier, mise à mal des protections contre les expulsions, adoption de la « préférence nationale » lepéniste avec le conditionnement des prestations sociales, réforme de l’aide médicale d’État dès 2024…

Comme aux Pays-Bas, en Italie, en Suède, en Hongrie, Macron et ses homologues de la droite « libérale » se sont alignés sur les termes du débat fixés par l’extrême droite, au bénéfice de cette dernière !

Face à cette situation, il est urgent de réagir. Femmes, hommes, jeunes et moins jeunes, travailleuses et travailleurs, habitants des quartiers, élèves des écoles, des lycées étudiants des universités doivent s’informer, discuter et agir pour une autre société

Afin d’échanger sur ces questions, les organisations ci-dessous vous invitent à se joindre au débat :

Résister pour l’égalité des droits, contre le racisme, pour la solidarité entre les peuples.

présentation : Omar Slaouti

Omar Slaouti, engagé sur les questions de la jeunesse des quartiers populaires, introduira le débat. Il est membre du collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri, il a été l’un des porte-parole de la Marche pour la justice et la dignité et contre les violences policières en 2017, du collectif Rosa Parks en 2018, et l’un des initiateurs de la Marche contre l’islamophobie en 2019.

Vendredi 19 janvier à 18h30 à la maison pour tous des Amonts aux Ulis.

14 janvier 2024 – Manifestation pour le retrait de la loi immigration

À Paris, le rdv est à 15h Place de la République.

Appel de 400 collectifs, associations, syndicats, partis politiques à manifester le 14 janvier contre la loi immigration :

RETRAIT DE LA LOI ASILE IMMIGRATION

La loi asile immigration marque un tournant que nos collectifs, associations, syndicats, organisations ne peuvent accepter. Elle reprend de nombreuses idées de l’extrême droite comme la préférence nationale et aura des conséquences terribles sur la vie de centaines de milliers d’habitante.es étrangère-es sur le sol français. Il s’agit de la loi la plus régressive depuis 40 ans. Cette loi raciste et xénophobe restreint le droit au séjour, accentue considérablement la répression, s’attaque au droit d’asile, au droit du sol, aux étrangers malades, aux étudiants non européens, au regroupement familial. L’attaque contre l’hébergement d’urgence, le durcissement de l’accès aux prestations sociales dont les allocations familiales et les aides aux logements, vont jeter des familles à la rue ou dans les bras de marchands de sommeil, particulièrement les femmes migrantes.

Cette loi va précariser davantage les travailleuses et travailleurs, les lycéens, les étudiants avec ou sans-papiers. L’arbitraire préfectoral est encore renforcé, refoulement aux frontières, délivrance systématique des OQTF et IRTF et allongement de leur durée, notamment pour les travailleuses et les travailleurs. Cette loi s’attaque aux libertés publiques, bafoue les droits fondamentaux tels que le droit d’asile, réinstaure la double peine et fait honte à la France, qui prétend défendre les valeurs d’égalité entre toutes et tous. Nous exigeons donc le retrait de cette loi.

Nous appelons :

À soutenir toutes les luttes pour la régularisation des sans-papiers, notamment les grèves

À empêcher l’application de cette loi en multipliant les actions de solidarité et en faisant œuvre de désobéissance civile

À manifester massivement sur tout le territoire le dimanche 14 janvier, pour empêcher que cette loi soit promulguée, combattre le racisme, la xénophobie et défendre une politique migratoire d’accueil et de solidarité.