Alors que le génocide se poursuit en Palestine, que la famine est organisée à Gaza par le blocus mis en place par Israël et la destruction de toutes les infrastructures et terres agricoles, l’armée d’occupation israélienne a attaqué le jeudi 31 juillet la banque de semences de Cisjordanie appartenant à un syndicat palestinien, l’Union des comités de travail agricole (l’UAWC*).
Le système électrique, le réseau d’irrigation et des entrepôts de stockage ont été détruits mettant en péril la conservation des semences d’espèces végétales d’intérêt majeur pour
l’agriculture palestinienne. Au delà du saccage d’un patrimoine génétique précieux pour l’humanité entière, il s’agit d’une nouvelle atteinte ciblant la subsistance du peuple palestinien, ses travailleur·euses de la terre, son patrimoine agricole et son lien à la vie.
Cette attaque s’inscrit dans un contexte d’accélération de la colonisation et la multiplication des vols et des attaques de colons contre les villages palestiniens. L’État génocidaire organise la famine à Gaza et construit celle à venir en Cisjordanie.
Nous, ouvrier·es agricoles travaillant dans les champs, les vergers, les vignes ou les estives de nombreuses régions en France apportons toute notre solidarité à l’UAWC, aux communautés agricoles de Palestine, à la résistance palestinienne et à tou·tes les Palestinien·nes que l’État génocidaire affame.
Nous sommes écœuré·es par la complicité de nos États et gouvernements et par le manque de mobilisation dans le secteur agricole pourtant grandement complice de la colonisation sioniste par ses nombreux fournisseurs de matériel agricole.
En effet, l’activité des villages de colons qui s’imposent par la violence, le vol et le pillage sur les terres palestiniennes repose en partie sur l’agriculture.
De plus, les paysan.ne.s palestinien.ne.s sont très souvent en première ligne face à l’agrandissement et à l’implantation de nouvelles colonies, qui se fait en très grande majorité par l’occupation, le vol, l’appropriationcde terres agricoles palestiniennes, passant par la destructions des cultures palestiniennes (vignes et oliviers tronçonnés, épandages d’herbicides, etc.), l’intimidation et l’agression physique des paysan.ne.s.
Or, ces colonies se fondent avec le soutien de sociétés de fournitures agricoles israéliennes qui vendent aussi à l’étranger notamment en France.
Ces sociétés, au-delà de permettre le développement économique des colonies, accaparent les ressources en terres agricoles ou en eau et exploitent les agriculteur.ices palestinien·nes, désormais sans terres en les embauchant ensuite en ouvrier·ères agricoles.
Les discours de greenwashing, de techwashing et de type collectiviste mettant en avant une agriculture idéale, verte, évoluée et parfaite, depuis longtemps mis en avant par la propagande israélienne, ne doivent pas nous illusionner.
La stratégie agricole israélienne, celle de ces colonies, et l’activité des sociétés de fournitures agricoles israéliennes sont un pilier de sa politique coloniale et suprémaciste, leurs conséquences sont mortifères.
Parmi ces fournisseurs israéliens participant à la colonisation et implantés dans l’agriculture en France :
Netafim leader mondial de l’irrigation fournit l’irrigation de très nombreuses fermes en France, participe à l’accaparement des ressources en Cisjordanie et travaille avec le complexe militaro-industriel israélien.
Netafim a développé une plateforme de gestion intelligente de l’irrigation avec l’aide de mPrest Systems, filiale de la société militaire israélienne Rafael Advanced Defense Systems à l’origine du système de gestion du dôme de fer.
Netafim collabore également avec des entreprises fondées par des vétérans de l’armée d’occupation israélienne (ALTA et SeeTree) développant des applications pour l’agriculture (drones, capteurs,…) en s’inspirant de technologies militaires.
Rivulis, autre fournisseur d’irrigation israélien, est implanté dans plusieurs colonies en Cisjordanie.
Afimilk est une société israélienne qui fournit des logiciels et des appareils numériques pour l’élevage laitier. L’entreprise est implantée dans plusieurs colonies et possède des usines en Cisjordanie.
Des fournisseurs de pesticides fournissent plusieurs colonies en Cisjordanie et dans le Golan syrien comme Haifa Chemicals et Adama (propriété de Syngenta, un des plus gros semenciers au niveau mondial). Adama entretient également un partenariat avec une filiale d’Urban Aeronautics s’inspirant des technologies militaires de drones de l’armée d’occupation israélienne pour expérimenter la pulvérisation aérienne des pesticides par drones.
Parmi les fournisseurs d’engrais en France, Israël Chemicals (ICL) est un géant des fournisseurs d’engrais notamment en brome et en potassium qu’ils extraient de la Mer Morte. ICL fournit plusieurs colonies en Cisjordanie et dans le Golan Syrien.
Pour ce qui est des semences, Hazera (propriété de Limagrain, groupe français) fait partie d’un groupement d’entreprises lancé par Israël pour l’innovation en 2018 qui réunit des entreprises de la recherche militaire et de la recherche en génétique des plantes. Parmi les entreprises de ce groupement, Elbit Sytem, la plus grosse entreprise d’armement israélienne.
En France, un des principaux semenciers de graines potagères, Voltz, entretient un partenariat depuis plus de 30 ans avec Hishtil, une société de production de plants et de semences israélienne. Hishtil est implanté dans au moins 3 colonies en Cisjordanie.
Israël utilise parfois son agro-industrie comme arme directement contre les palestinien.ne.s en vaporisant des herbicides sur les cultures. Comme ce fut le cas à de nombreuses reprises depuis 2014 sur des centaines d’hectares dans la bande de Gaza.
Parmi les herbicides utilisés, on retrouve des herbicides commercialisés par Bayer/Monsanto et d’autres par Adama même s’il n’y a pas encore de preuve établie de leur implication directe dans ces opérations.
Les agriculteur·rices français-es ne sont pas les seuls clients de ces fournisseurs de matériel d’irrigation, d’engrais ou de pesticides : les espaces verts des communes de France, les jardiniers de stade ou les golfs sont également concernés.
Le plan du gouvernement français pour l’agriculture « France 2030 » soutenu par la FNSEA promeut une agriculture qui repose sur le numérique, la génétique et la robotique, ce qui ne ferait que renforcer ces fournisseurs et leurs liens avec la recherche militaire coloniale.
Le plan du gouvernement français pour l’agriculture « France 2030 » soutenu par la FNSEA promeut une agriculture qui repose sur le numérique, la génétique et la robotique, ce qui ne ferait que renforcer ces fournisseurs et leurs liens avec la recherche militaire coloniale.
Face à la main mise des intérêts de l’agroindustrie, il est important que tou.te.s les travailleur.ses s’emparent des questions de production alimentaire/agricole car elles nous concernent tou.te.s. La production agricole porte en elle des enjeux de santé, de paysage, de biodiversité, de lutte face au réchauffement climatique, d’accès à l’alimentation pour tou.te.s et bien d’autres encore. Elle reste, pour l’instant, encore bien trop liée à l’exploitation et à la colonisation.
Nous appelons tous les exploitants agricoles qui se fourniraient chez ces fournisseurs à cesser de financer la politique coloniale et génocidaire d’Israël et à changer de fournisseur.
Nous encourageons à suivre l’UAWC et la situation des communautés agricoles en Palestine et à leur apporter du soutien.














